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évolution de la cuisine des années 50 à nos jours

Quand la cuisine révèle la tambouille de la famille

Dans "le Poulet du dimanche", Joëlle Goron décortique l’évolution de la cuisine des années 50 à nos jours.

 

Dans la maison, la cuisine est une pièce « témoin ». Depuis l’après-guerre, elle a vu le wok succéder à la cocotte-minute, les apéros dinatoires aux soirées fondue, et les hommes passer (un peu) derrière les fourneaux. Joëlle Goron a retracé cette évolution dans le Poulet du dimanche. Morceaux choisis.

Les appareils stars
Si la cocotte minute cartonne au Salon des Arts ménagers de 1926, il faudra attendre 1945 pour qu’elle soit utilisée sans risque d’explosion sur la gazinière. C’est une révolution pour les femmes, parce qu’elle raccourcit considérablement les temps de cuisson, et donc rallonge leurs journées à elles.

Avec mai 68, le poste de radio prend sa place sur le buffet, on écoute les infos en mangeant, surtout au petit déjeuner. Et tant mieux si ça énerve papa ! À la même époque, les cuisinières chérissent les Tupperware, grâce auxquels elles peuvent cuisiner une marmite le dimanche et stocker des parts pour nourrir leur famille, au moins le lendemain. Et si ces boîtes hermétiques leur laissent un peu de répit, elles leur permettent surtout de gagner un peu d’argent, en organisant les fameuses réunions du même nom.

Dans les années 70, les hommes se risquent parfois à offrir une friteuse électrique à leur épouse pour la fête des mères. Mais s’exposent à des représailles, quand vient le moment de la corvée de peluche. Avec la généralisation du micro ondes et des plats préparés dans les années 80, les femmes qui travaillent de plus en plus, se libèrent progressivement des fourneaux.

Le partage des tâches
« Je ne suis pas ta mère, tu pourrais quand même ranger le beurre dans le frigo ! », ou « Pourquoi c’est toujours moi qui fais la vaisselle ? » sont des phrases que les hommes entendent de plus en plus résonner dans la cuisine dès le début des années 70, quand les discours féministes se répandent dans la société. Mais à cette époque, la plupart des petits garçons sont encore exempts du débarrassage de table, contrairement à leurs sœurs. Avec l’arrivée des hypermarchés dans les années 80, les hommes commencent à prendre progressivement en charge la corvée des courses. Les barbecues et les planchas les amènent à s’occuper volontiers du plat principal, sans crainte pour leur virilité… Et comme, au début des années 2000, cuisiner devient branché, faire le marché les rebute moins. Le célibat qui s’éternise et les divorces qui se multiplient les forcent à apprendre les rudiments de la cuisine. Mais les chiffres récents sont formels : si de plus en plus d’hommes mettent la main à la casserole, 80 % des tâches domestiques de la maison incombent toujours aux femmes.

On n’a plus honte de sa cuisine

Une pièce qui rassemble
Dans les années 50 et 60, c’est encore une pièce qu’on cache : souvent petite, on y entasse vaisselle, poêles et appareils derrière des rideaux. La porcelaine, cadeau de mariage, est bien protégée dans le buffet de la salle à manger et réservée aux grandes occasions.

Les premiers cuisinistes apparaissent dans les années 70, et dans leur sillage, le formica et la couleur. Hottes intégrées et tiroirs intelligents font rêver les ménagères… et exploser les budgets. Non seulement, on n’a plus honte de sa cuisine, mais sa taille devient un élément essentiel quand il s’agit d’acheter un logement. Chez les plus jeunes, plus question de cacher la vaisselle : les bocaux à spaghettis et à épices s’entassent sur des étagères, à la vue de tous.
La cuisine s’agrandit et devient, à partir des années 80, la pièce la plus conviviale de la maison : c’est là que les enfants font leurs devoirs, là qu’on regarde la télé et qu’on mange, les soirs de flemme, à même le carton, les pizzas commandées par téléphone.

Les goûters des enfants 
Il faudra attendre les années 70 pour voir débarquer au goûter les tartines au Nutella sur les toiles cirées des familles françaises.

Dans les années 50, les enfants se contentent de pain et de chocolat à cuire, parfois râpé par maman au dessus d’une couche de beurre et trempé dans un bol d’Ovomaltine. Plus la publicité s’immisce dans les foyers, plus ils réclament du Coca et des Choco-BN. Dans les années 80, ils mangent de la crème Mont-Blanc ou du Yabon, boivent du Tanga en regardant le Club Dorothée. Aujourd’hui, les plus petits partagent leur Pitch avec leurs parents devant Youtube.

Pamplemousses aux crevettes et fondue bourguignonne

Les régimes stars
La cuisine est le témoin des obsessions de minceur des Françaises. Dans les années 90, elles se procurent des balances pour compter leurs calories et n’ont qu’un mot à la bouche : éliminer ! Les ancêtres du régime Dukan s’appellent Atkins ou Mayo (sic). Dans le premier, pauvre en glucides, la candidate peut se goinfrer de saucisson. Le second autorise un fruit et 6 à 7 œufs… par jour ! Dans les années 90, Les hommes s’y mettent. Mais plus que de plaire à leur femme, leur motivation première semble liée à leur carrière : à l’heure du cadre dynamique, le quadra dont le ventre déborde de la chemise ne veut pas se faire recaler par le jeune loup qui ne jure que par les brocolis à la vapeur et s’astreint à une séance d’abdos quotidienne. 

 Les plats branchés
La bouchée à la reine, la truite au beurre blanc et le soufflé au fromage sont les stars des tables familiales des années 50. Entre amis, dans les années 60, on mange des pamplemousses aux crevettes ou de la fondue bourguignonne, alors qu’au quotidien on découvre la purée Mousline et le Ketchup. Aujourd’hui, on préfère le plus léger et l’exotique, de préférence au wok ou au cuiseur vapeur. Tout se décline : macarons, crumbles ou smoothies en version sucrée ou salée (voire les deux). À une seule condition : qu’ils soient faits maison.

>> Le Poulet du dimanche, de Joëlle Goron (Éd. Flammarion, 19,90 €)

>> L'exposition Au bonheur de la ménagère : cuisine et esprit nouveau, présentée à partir du 14 novembre 2013 à la Villa Savoye à Poissy -78-

mercredi 20 septembre 2017

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